Arpeggione | Enregistrements
L'arpeggione de Staufer, inventé en 1823, a immédiatement inspiré Franz Schubert. Composée en 1824, sa sonate en la mineur pour arpeggione et pianoforte D821 serait la première oeuvre écrite pour cet instrument. On a perdu la trace d'un concerto pour arpeggione et orchestre de H. A. Birnbach, datant également des toutes premières années de l'instrument. Nous ne connaissons aucune autre oeuvre ancienne originale pour arpeggione.
La sonate "arpeggione" de Schubert qui a perpétué la mémoire de cet instrument, a été adoptée par les violoncellistes, violonistes, altistes et même flutistes, guitaristes ou contrebassistes. Les arrangements les plus fréquents (concert ou enregistrements) sont ceux réalisés pour violoncelle et piano ou alto et piano.
Les enregistrements de la sonate de Schubert dans sa version original sont rares car il y a peu d'arpeggionistes. Il n'existe qu'une douzaine d'instruments au monde (d'une part quelques instruments historiques dans les musées et d'autre part des copies de ceux-ci ou encore des arpeggiones récents). Celui qui désire jouer de l'arpeggione doit maîtriser la technique de main gauche de la guitare ainsi que la technique d'archet. Cette combinaison n'est pas fréquente. De plus, il doit pouvoir avoir accès à un instrument pendant suffisemment longtemps. Enfin, les musiciens qui désireraient entreprendre ce travail peuvent être rebutés par le fait que le répertoire se limite à une seule sonate.
Il ne faut donc pas d'étonner qu'il est rare d'entendre cet instrument. En ce qui concerne les enregistrements de la sonate originale, il y a eu un premier enregistrement (33 tours) sur arpeggione en 1974 chez Archiv Produktion (voir ci-dessous) qui n'est pas repiqué sur CD à ce jour. Ensuite, il faut attendre le XXIè siècle pour trouver de nouveaux enregistrements de la sonate dans sa version originale.
Il y a d'abord Ars Produktion qui a proposé un CD en 2001 avec Alfred Lessing et Jozef de Beenhouwer; ensuite Cavalli Records en 2005 avec Gerhart Darmstadt et Egino Klepper; enfin, Fuga Libera en 2007 propose une troisième version avec Nicolas Deletaille et Paul Badura-Skoda. Les deux permiers CDs se concentrent sur l'instrument arpeggione; le troisième CD (Fuga Libera) est plutôt un CD "Schubert" avec comme complément à la sonate arpeggione le quintette à deux violoncelles en do majeur. Une génération seulement après le premier enregistrement sur arpeggione (de musée!), la partition originale de Schubert va peu à peu se faire connaître dans le monde musical. Ce cas de figure est rare et intéressant car nombreux sont les mélomanes qui ignorent que leur vesion favorite au violoncelle ou à l'alto est en fait un arrangement, faute d'arpeggioniste et d'arpeggione!
Voici le détail de ces enregistrements classés par ordre chronologique:
1974: Archive Productions No. 2533 175 (Disque 33 tours)
Klaus Storck (arpeggione) / Alfons Kontarsky (pianoforte)
Complément du disque:
Variations pour flûte et piano sur "Trockene Blumen" de "Die Schöne Müllerin"
(Hans-Martin Linde - Flûte traversière)
2001: Ars Produktion (enregistrement 13 et 14 juillet 2000)
Alfred Lessing (arpeggione) / Jozef de Beenhouwer (pianoforte)
Complément du CD (arpeggione et guitare):
Vincenz Schuster: Drei Stücke (1825)
Anton Diabelli: Andante con moto A-Dur
Friedrich Burgmüller: Drei Nocturnes
(Harald Mohs, guitare)
2005: Cavalli Records (CCD 242)
Gerhart Darmstadt (arpeggione) / Egino Klepper (pianoforte)
Complément du CD:
Ludwig van Beethoven: Sonatine (Adagio) c-Moll WoO 43a; Air russe, Variationen über ein russisches Volkslied, a-Moll op. 107/7
Franz Schubert: Lied der Mignon a-Moll D 877/4
Louis Spohr: Tempo di Polacca A-Dur aus seiner Oper “Faust”
Bernhard Romberg: Adagio E-Dur
Ukrainisch/deutsch Moderato a-Moll (Schöne Minka)
Fréderic Burgmüller: Nocturne (Andantino) a-Moll/A-Dur
(Björn Colell · romantische Gitarre)
2007: Fuga Libera (FUG529) (enregistré à Firenze - janvier 2006)
Nicolas Deletaille (arpeggione) / Paul Badura Skoda (pianoforte)
Complément du CD: (enregistré à Paris - juin 2007)
Schubert Quintet in C Major (Quatuor Rosamonde + Nicolas Deletaille, cello)
Autres sources sonore:
La Médiathèque de la Cité de la Musique annonce sur son site Internet un document prochainement disponible en ligne; il s'agit d'un enregistrement de concert (2 mars 2004) de la sonate de Schubert jouée sur arpeggione par Christophe Coin et Patrick Cohen: Lien vers ce document